Produits laitiers, gluten et intolérances alimentaires

by

LactoseFreeAujourd’hui, un article passionnant, écrit par Stéphane Tetart, naturopathe. Source : http://www.tetart.com. Reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.

par Stéphane Tetart, naturopathe.

Distinguer l’allergie de l’intolérance
L’intolérance est une forme d’allergie, c’est-à-dire une réaction inappropriée du système immunitaire. La différence principale est le temps de réaction et la force de la réaction.  La réaction est immédiate pour l’allergie (dite aussi allergie de type I) et forte (œdème de Quincke et choc anaphylactique notamment), souvent locale, au niveau de l’exposition à l’allergène. La réaction est différée dans le temps (plusieurs heures à plusieurs jours) pour l’intolérance (appelée aussi allergie de type IV), plus subtile, et ne se matérialisant pas forcément au lieu de l’exposition. L’intolérance alimentaire est une allergie de type IV.
L’intolérance au lactase
Il ne s’agit pas d’une réaction immunitaire, mais du manque (total ou partiel) d’une enzyme digestive, la lactase, qui empêche la bonne digestion des produits laitiers et cause des problèmes digestifs dans les 20 mn à 2 jours après l’ingestion. On retrouve souvent des problèmes de ballonnement, diarrhée (ou constipation !); douleurs et crampes abdominales; vomissement chez l’enfant; mais aussi fatigue chronique, tendance dépressive, membres douloureux, maux de tête, troubles de la concentration.
La carence au lactase toucherait 60% de la population française. Si la carence est légère, on peut digérer une petite quantité de produits laitiers, par exemple on peut boire un verre de lait sans problème et ressentir des effets après deux verres. Dans certain cas, la carence est totale. Voir l’article : Intolérance et allergie au lait. En cas d’intolérance légère, il est possible de prendre des produits faibles en lactose (comme les fromages à pâte dure et les produits laitiers fermentés comme les yaourts,…) et d’éviter les produits riches en lactase (lait, fromages à pâte molle, crus, crème, beurre,…). Il est aussi possible de prendre l’enzyme manquante au moment du repas (chez des amis par exemple), pour digérer les produits laitier.
Comment s’installe un intolérance ?
On trouve plus de 60% de notre système immunitaire dans les intestins. Autant dire que cette porte d’entrée est bien gardée. Mais rien de plus favorable au développement des microbes que ce milieu chaud et humide. Normalement, chaque aliment est minutieusement démonté en éléments simples (vitamines, minéraux, sucres simples, acide aminés des protéines, acides gras,…) et ne passent la fine paroi intestinale qu’à cette condition. Les ensembles les plus complexes qui pénètrent reçoivent une sorte de visa qui leur permet de voyager dans le sang et la lymphe, sans se faire attaquer par les globules blancs.
Mais il arrive que la paroi intestinale, soit agressée (par de l’alcool, un soda, un médicament, une alimentation inadaptée,…) et devienne poreuse. Les cellules, normalement bien jointes, se déforment et laissent passer de gros éléments. Le système immunitaire réagit immédiatement en détruisant ses substances, et tout revient dans l’ordre. Si l’agression se répète régulièrement, le système immunitaire garde en mémoire l’indésirable, comme après un vaccin. Alors le système immunitaire réagit lorsqu’on consomme l’aliment, même si la digestion s’est faite convenablement.
Le problème vient de la répétition de la fausse agression. En effet le système immunitaire provoque une inflammation des tissus, et une forte création de substances pro-oxydantes (pour oxyder le agresseurs), provoquant des gênes locales, voire dans une autre partie du corps. En plus si certaine partie du corps ont une composition proche du faux allergène, le système immunitaire peut commencer à s’attaquer au corps lui-même, provoquant des maladies auto-immunes.
Symptômes possibles d’une intolérance Ils sont très nombreux… et non spécifiques. On retrouve les mêmes problèmes que l’intolérance au lactose : diarrhée/constipation, douleurs et crampes abdominales, ballonnements, fatigue chronique, tendance dépressive, fibromyalgie, membres douloureux, maux de tête, troubles de la concentration, exéma, urticaire, asthme, rhinite allergique, vomissement chez l’enfant, maladie auto-immune…

Deux maladies souvent liées aux intolérances…

- La maladie de Crohn, maladie inflammatoire chronique du système digestif, évoluant par crises. Elle se caractérise principalement par des crises de douleurs abdominales et de diarrhée, durant de plusieurs semaines à plusieurs mois. Fatigue, perte de poids et même dénutrition peuvent survenir si aucun traitement n’est entrepris. Dans certains cas, des symptômes non digestifs, qui touchent la peau, les articulations ou les yeux peuvent être associés à la maladie.
- Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est aussi nommé syndrome du côlon irritable. En France, on utilise également le terme « colopathie fonctionnelle ». Il s’agit d’un trouble digestif qui se caractérise par des malaises ou des sensations douloureuses au ventre avec diarrhée et/ou constipation, mais sans inflammation des intestins.
Les intolérances aux produits laitier et au gluten
Les produits laitiers et le gluten sont très présents dans notre alimentation. Il est très facile d’avoir plus de 6 sources différentes de lait et de gluten quotidiennement, tous les jours de la semaine. La répétition excessive d’un aliment augmentant les chances d’intolérance, il n’est pas étonnant de retrouver fréquemment des intolérances à ces produits.
Ils sont souvent liés, au niveau de la sphère digestive, à des problèmes digestifs comme les ballonnements, des douleurs intestinales (dont la position peut orienter vers l’une ou l’autre), des intestins irritables, des selles molles… Mais il peut y avoir des effets à distance comme les autres intolérances, comme les maux de tête, fatigue chronique, irritabilité, douleurs articulaires. Certaines substances résultant de la digestion de ces produits sont des dérivés opioïdes expliquant la dépendance de certains à ces aliments. Il faut alors mettre en place un traitement visant a briser cette dépendance avant d’arrêter totalement le produit incriminé.
Le thérapeute reconnaît souvent ces dépendances (et donc les abus) à la phrase : « je ne peux pas me passer de… » (ce n’est qu’un indice, pas une preuve de dépendance ou d’intolérance). Il est à noter que pour le lait, vous pouvez mal digérer les laitages sans être intolérants. Beaucoup d’adultes manquent de l’enzyme lactase qui digère le sucre du lait, la lactose, causant ainsi des problèmes digestifs similaires sans que le système immunitaire soit en cause. Toutefois, la solution est aussi l’éviction.
Autres intolérances
Tous les aliments sont susceptibles de créer une intolérance. Vu la quantité d’aliments différents que nous mangeons régulièrement, a fortiori si l’on consomme des produits industriels, il est difficile de les distinguer par une simple enquête alimentaire. Il faut alors faire des tests sanguins précis en laboratoire.

1 Comment on Produits laitiers, gluten et intolérances alimentaires

  1. collet
    avril 29, 2015 at 12 h 22 min (5 années ago)

    Article très intéressant!!!!

    Répondre

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Comment *