Retrouver l’insouciance alimentaire  le temps d’une semaine… sans gluten.

by

Olive

La semaine dernière, j‘ai reçu un mail de Coline, 22 ans, me disant qu’elle désirait livrer son témoignage sur les colonies de vacances organisées par l’AFDIAG, dont elle a bénéficié, enfant. Je tiens à dire que moi-même, je ne suis pas membre de l’AFDIAG, mais je trouve le témoignage de Coline intéressant. Le voici donc…

Je m’appelle Coline, je mange sans gluten depuis bientôt 20 ans, et j’ai à cœur de vous parler de ces semaines sans gluten qui ont radicalement changé ma façon de vivre mon régime.

Dans les jours suivant le diagnostic d’un intolérant au gluten, on assiste systématiquement à la perte de son insouciance. Il s’agit de son insouciance  alimentaire, celle qui lui permet d’accepter le goûter de son voisin dans la cour de récré, ou d’accepter sans hésiter une invitation à dîner. Permettre à des coeliaques de retrouver cette insouciance est le défi que s’est lancé l’AFDIAG depuis plus de 10 ans. Chaque année, entre juillet et août, l’Association Française des Intolérants au Gluten permet à des dizaines de jeunes, d’adultes et de familles de venir passer une semaine de vacances dans un gîte montagnard 100% sans gluten.

 « Pourquoi tu manges pas comme nous ? »

A 2 ans, après plusieurs semaines de dénutrition progressive et d’arrêt de ma croissance, j’ai été diagnostiquée coeliaque. Mes parents ont tout de suite adhéré à L’AFDIAG, en quête d’informations sur cette maladie, alors très peu connue, et carrément pas aussi fashion qu’aujourd’hui. Ils ont toujours fait en sorte de ne jamais me priver de ce dont pouvaient profiter les autres enfants. J’allais aux anniversaires… avec ma part de gâteau et mes bonbons; je mangeais à la cantine… en apportant mon repas; je partais en colonies de vacances… avec une deuxième valise remplie de nourriture, à remettre au cuisiner en arrivant. Malgré tous leurs efforts, on m’a toujours demandé « Pourquoi tu manges pas comme nous ? »

Puis l’adolescence est arrivée, avec son impérieux besoin de se sentir intégrée, comme tout le monde, « normale ». Avec le besoin de se rebeller contre ses parents aussi. Braver l’interdit, pour certains, c’était sécher les cours, fumer, boire. Pour moi, c’était manger un Kinder Bueno. Je vous l’accorde, ça prête à rire.

Et puis, à 14 ans, je suis partie avec l’AFDIAG. « Une semaine de colonie de vacances sans gluten », m’avait dit ma mère, mais sur le papier, il y a marqué « stage d’éducation nutritionnelle ». Ouh là, ça sent pas bon, ça ! En plus on m’a dit d’apporter un cahier…  En arrivant, je trouve des enfants qui mangent les mêmes gâteaux « bizarres » que moi, et des animateurs qui nous expliquent qu’eux non plus ne mangent pas de gluten. J’ai du mal à y croire. Devant un plat de pâtes, au dîner, je me souviens m’être levée pour signaler au cuisinier que les pâtes contiennent du gluten, et voir s’il ne pouvait pas me cuisiner autre chose.  Comme tous les autres, je n’en revenais pas !

Salade

Un peu plus qu’une colonie de vacances

Le premier soir, les discussions sont un peu différentes de celles d’une colonie de vacances normale : « Tu manges pas de gluten depuis quand, toi ? » « C’est quoi, tes gâteaux préférés ?  » Et deviennent rapidement intimes  « C’est quoi, le pire truc qu’on t’ait dit sur ce que tu mangeais ?» (Moi, on m’a dit que ça ressemblait à des croquettes… pas cool.)

La formule pensée par l’AFDIAG pour les enfants est à mi-chemin entre éducation et récréation : le matin, entre 2 et 3 heures de cours pendant lesquelles des médecins nous apprennent à lire les étiquettes des produits du quotidien, et nous montrent comment le gluten agit dans notre organisme. On peut poser toutes les questions qu’on veut, en toute confiance car on sait que tous les autres sont passés par les mêmes étapes. L’après-midi, des jeux, du sport, des ateliers comme dans toute colo classique, avec en bonus des ateliers cuisine, quand même.

Ma « semaine détox » avant la rentrée  

Cette année, à 22 ans, après avoir participé à ces stages en tant qu’enfant puis animatrice, je pense profiter de cette semaine autrement. Pour les jeunes de 18 à 28 ans, l’AFDIAG propose une formule en toute détente, sans activités organisées. On a juste à se rendre au gîte, et vivre la semaine comme bon nous semble, sans avoir à se soucier une seconde de notre régime. Comme le gîte est en pleine montagne (village de Chabottes, Hautes-Alpes) je vais en profiter pour faire des randonnées, courir, méditer. Ce sera ma « semaine détox » avant la rentrée !

Le gîte accueille aussi des familles, dont l’un des membres est coeliaque. Le soir, les repas se prennent tous ensemble : jeunes, moins jeunes, familles, médecins… Ca nous fait sentir comme en famille, surtout quand on se retrouve d’une année sur l’autre.

Alors, vous venez ?

 

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